Trainspotting

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mercredi 6 février 2013

Luis Suarez le mal-aimé



   Étincelant depuis le début de saison, Luis Suarez maintient le cap à Liverpool. Si les Reds peuvent encore prétendre à l'Europe cette année, ils le doivent en grande partie à leur attaquant Uruguayen, pourtant très loin de faire l'unanimité. Portrait d'un mec qui défraie la chronique.


Plongeons, oreille et Jackson Five


   C'est bien connu, en Angleterre plus qu'ailleurs, la popularité d'un joueur se mesure dans les tribunes. Lampard, Gerrard, Rooney, Terry, tous ont un chant qui leur est dédié, vantant autant leurs exploits sur le pré que leurs frasques extra-sportives. Dernier exemple en date, la chanson dédiée à l'ex-squatteur du Milk montpelliérain, Olivier Giroud, entonnée par les supporters gunners à chaque sortie ou but du frenchie sur fond de 'Hey Jude'. S'il en fallait un qui définisse la vision qu'a le royaume de Luis Suarez, ce serait sans conteste celui inventé par les supporters de Stoke un soir de cup, et ce fameux "he cheats, he dives, he hates the jackson five, Luiiiiiis Suareeeez". Car malgré son talent indéniable, et bien qu'il soit libre d'écouter les sons qu'il veut, c'est peu dire que le buteur à la tête de rongeur agace. Et en y regardant de plus près, le passé donne raison à ses détracteurs. À son tableau de chasse vient bien évidemment s'inscrire cette main face au Ghana en quart du mondial 2010. Geste qui privera le continent africain d'une première demi-finale historique, et que les uruguayens préféreront qualifier de deuxième "main de dieu". On peut également y ajouter son implication dans une affaire de propos racistes que l'attaquant aurait adressé à l'encontre d'Evra, qui lui vaudra huit matchs de suspensions. Mais Suarez, c'est aussi des buts de la main, le plus récent face à Mansfield lors du troisième tour de cup en ce début d'année, des plongeons à répétitions et un croc dans l'oreille d'Otman Bakkal, lors d'un bouillant Ajax-PSV lorsque ce diable de Luis Suarez (elle est pour toi celle-là, Stéphane Guy) évoluait encore sous les couleurs des ajacides. Un joueur aussi régulier qu'instable, qui traîne donc derrière lui pas mal de casseroles, en plus d'une réputation de tricheur, confirmée par les propos de Koscielny relayés par Skysports, en octobre dernier. "Quel est l'attaquant que je déteste le plus? Suarez. C'est fatigant de jouer contre lui. Il triche. Il tire votre maillot. Il donne des coups vicieux. Vous voulez toujours lui donner un coup de pied mais vous devez être prudents de ne pas prendre un carton rouge[...] C'est un joueur qui va chercher a plonger dès qu'il y a le moindre contact. Pendant un duel, nous nous étions touchés, et il est immédiatement tombé au sol" avoue l'ancien lorientais. Mais là où certains y voient un manque de maturité, il faut y déceler une volonté à toute épreuve. La vérité, c'est que Luis Suarez est un génie, un type toujours à 200%, capable de pousser à bout les défenseurs adverses pour planter son pion, et prêt à se sacrifier pour sa team. Car le natif de Salto sait qu'il vient de loin, et il ne l'oublie jamais.



De la rue à Anfield


   Et c'est peu dire que Suarez en a chié. Issu d'un milieu modeste, c'est avec ses 6 frères qu'il passe sa jeunesse, élevé seulement par sa mère suite au divorce de ses parents lorsqu'il avait 9 ans. C'est dans les rues de Montevideo qu'il récite ses premières gammes. Précoce, il dispute ses premiers matchs pros avec le Nacional, l'équipe locale, à seulement 18 ans. Suarez commence sérieusement à voir à travers le football une alternative à la misère, et c'est aussi avec ces mêmes tricolores qu'il commence à gagner ses premiers trophées. En Uruguay, il n'y reste qu'un an, le temps pour lui de scorer 12 buts en 34 matchs et de se faire transférer à Groningue, aux Pays-Bas. Ce transfert va constituer un tremplin pour sa carrière. Tout s'accélère, et l'attaquant est transféré l'année suivante à l'Ajax. À Amsterdam, il prend une nouvelle dimension, passe la seconde, et claque la bagatelle de 111 buts en 159 matchs. La suite, on la connaît. En 2011, il débarque à Liverpool et dégomme tout sur son passage, dans tous les sens du terme. Très vite, il séduit les scousers. Un match en particulier va permettre au joueur de la celeste de se faire définitivement adopter sur les bords de la Mersey. Quelques mois après son transfert, Liverpool reçoit son ennemi de toujours, Manchester United. Suarez est aligné seul en pointe, et a la lourde tâche de porter l'attaque des Reds. L'uruguayen va carrément tout faire péter. 33ème minute, après un cafouillage dans la surface, l'attaquant demande le ballon, le reçoit dos au but, et mystifie tout bonnement toute la défense mancunienne dans un périmètre restreint avant d'adresser un caviar à Kuyt qui n'a plus qu'à le pousser au fond des filets. Anfield exulte, mais lui ne s'arrête pas là, et va largement contribuer au succès des reds, 3-1. Les fans de Liverpool tombent amoureux de Suarez, et Suarez leur rend bien. Cette saison, plus décisif que jamais, il affiche déjà 17 buts en 24 matchs, juste derrière les 18 réalisations de Van Persie. Il n'en fallait pas moins pour que certaines grandes écuries d'Europe se positionnent sur son transfert, notamment le Bayern Munich, prêt à débourser pas moins de 40 millions d'euros pour s'attacher ses services. Cela dit, Liverpool ne compte pas le lâcher de sitôt, à en croire les dernières déclarations de Brendan Rodgers, son coach. "Il n'est jamais blessé, il n'est jamais sur une table de massage. Il est capable de jouer trois matchs chaque semaine. C'est un joueur fantastique". Gerrard va même jusqu'à déclarer que "c'est le meilleur attaquant avec qui [il a] pu jouer". Suarez ne fait pas l'unanimité en Europe? Il s'en bat les reins. A Liverpool, désormais, c'est lui le boss.


dimanche 30 septembre 2012

Tom Cleverley


   Buteur cette semaine face à Newcastle, Tom Cleverley est en train de confirmer toutes les attentes placées en lui. Régulier dans ses performances, que ce soit avec Man U ou en sélection, le jeune mancunien récite patiemment ses gammes, dans l'espoir de s'imposer sur le long terme. Et si c'était lui, le digne successeur de Paul Scholes?

Un lourd chemin de croix

   Mercredi soir, Manchester United accueillait les magpies dans le cadre du troisième tour de la carling cup. Les red devils, comme souvent, l'emportent sur le score de 2 buts à 1. Une soirée comme une autre donc, pour les supporters comme pour le staff. Les hommes de Fergie ont fait le taff, et l'écossais a pu faire tourner. Un joueur cependant, se souviendra surement longtemps de cette rencontre. Tom Cleverley, au club depuis 2000, inscrit son tout premier but sous les couleurs de Man U. Un but qui sonne comme l'avènement de longues années de travail et de patience. Sir Alex le dit lui-même: «Il a progressé lentement au niveau physique, mais il a toujours eu envie. Il a toujours eu une grande compréhension du jeu». Car comme beaucoup avant lui, le natif de Basingstoke s'est fait balader un peu partout en Angleterre avant de pouvoir postuler à une place en équipe première. C'est pourtant très vite, à l'âge de 11 ans, que le jeune Tom commence à claquer ses premières passes dés pour MUFC. Il fait alors partie de l'académie des jeunes. Passé pro en 2009, Cleverley est d'abord envoyé à Leicester. Un prêt qui devra se finir prématurément. Touché à l'épaule lors de la rencontre face à Colchester, il rentre se faire soigner à Manchester pour y subir une intervention chirurgicale. Puis direction Watford un an plus tard. Au sein des hornets (rien à voir avec la ville de la Nouvelle-Orléans), le jeune anglais s'affirme. Prêté à Wigan ensuite, il confirme. Pour ses premiers matchs en Premier League, Tom se met bien et permet aux latics de se maintenir, en inscrivant 4 buts en 25 matchs. De retour à Manchester à l'été 2011, Ferguson lui offre alors la possibilité de le conserver au sein de l'effectif. Cleverley semble entrevoir enfin le bout du tunnel, et va même contribuer à la victoire des siens lors du community shield face au rival éternel, City, en délivrant une passe décisive à Nani. Le gamin a du talent, et Capello semble l'avoir compris. L'italien le convoque pour le match des three lions face aux Pays-Bas.

De la patience et du talent

   Car si l'espoir anglais n'a pas lâché l'affaire comme beaucoup l'aurait fait, c'est qu'il sait qu'il a le potentiel pour s'imposer au très haut niveau. Et il n'est pas le seul. Rappelé par Hogdson en sélection, à la suite d'un tournoi des jeux olympiques concluant, pour affronter la Moldavie dans le cadre des éliminatoires du mondial 2014, Cleverley a régalé. Auteur d'une prestation aboutie au milieu en évoluant meneur de jeu, lui qui d'habitude occupe plutôt un poste de relayeur, il en a convaincu plus d'un. Son coach le premier: "Il est capable de jouer moins en pointe et de reculer pour aller récupérer des ballons. Je crois qu'il est inutile de vouloir lui coller une étiquette. Il est milieu offensif, comme Cesc Fabregas peut l'être". Une comparaison qui en dit beaucoup sur la polyvalence et le potentiel du rookie anglais. Les cadres de Manchester United sont également unanimes quand il s'agit d'évoquer son comportement sur le terrain, comme l'explique Evra: «C'est un joueur fantastique, j'espère qu'il aura de nombreuses opportunités cette saison(...)C'est un mec silencieux, pour ça il ressemble à Scholesy(...) Les joueurs comme lui sont le futur. Il sait qu'il peut nous aider à gagner plus de titres. C'est comme ça que ça se passe à Man United». Celui qui fut nommé joueur de réserve de l'année par son coach de l'époque, Ole Gunnar Solskjaer, le sait: il a les capacités pour devenir un cadre de l'équipe première et écrire une des nombreuses pages de l'histoire du club, à l'image de Roy Keane, Ryan Giggs ou David Beckham avant lui. Surtout, Cleverley a toute les cartes en main pour succéder à Paul Scholes. Reste à savoir s'il en a les épaules.

vendredi 1 juin 2012

Zdeněk Zeman


   À nouveau plongé dans des histoires de matchs truqués qui ont récemment couté à Criscito un euro, le football Italien n'est pas au mieux. Un homme vaut cependant la peine que l'on s'y intéresse. Grâce à lui, Pescara, modeste club abonné à la série B depuis plus de 20 ans et fraîchement champion pour la deuxième fois de son histoire, jouera l'année prochaine dans la cour des grands. Ce qui peut tenir d'un miracle pour certains n'est pour lui qu'un challenge de plus de réussi.

La résurrection


   Lui, c'est Zdeněk Zeman, illustre tacticien qu'on avait un temps cru ne plus jamais revoir sur un banc après qu'il eut annoncé sa volonté d'en finir avec le football en 2008 et une expatriation ratée à l'étoile rouge de Belgrade. Un retour aux sources et un titre plus tard, le prophète semble s'être offert une seconde jeunesse. Sa fontaine de jouvence à lui se trouve à Foggia, club avec lequel il a connu son premier licenciement, d'abord, en 1987, après une expérience réussie à Licata et un titre de série C2. Mais Foggia, c'est aussi et surtout le club qui l'a révélé. En 1989, Zeman se voit offrir une seconde chance, et accepte le poste. Grand bien lui en en prend. En 5 ans, le tchèque va se faire un nom et faire vivre au club ses plus belles années. Après s'être stabilisé en Série B, il offre aux rouges et noirs le titre. S'en suivent de belles années en Série A avant un retour à la réalité qui les enverra jusqu'en série C2, dégringolade annoncée qui coïncide avec le départ de Zden
ěk Zeman à la Lazio puis à la Roma, où il amènera chaque saison son club aux cinq premières places du championnat, sans pour autant jamais pouvoir avoir le mérite d'accrocher à son mur un titre de champion d'Italie. C'est donc tout naturellement qu'il choisit de faire son retour sur les terrains en 2010 à Foggia, avant de mener Pescara à la série A et d'ajouter une troisième ligne à son palmarès. Et là est tout le paradoxe du monsieur. Car contrairement au nombre de clopes qu'il se fume chaque jour, ses titres glanés se comptent, eux, sur les doigts d'une main. Zeman n'a en effet rien de mieux à accrocher à son tableau de chasse que deux titres de série B et un titre de série C2. Avant tout adepte du football offensif, celui pour qui "perdre n'a jamais été une humiliation" recherche plus que d'être mondialement connu. Briller sur la scène européenne, c'est trop peu pour lui. Ce qu'il veut, c'est jouer au football, et surtout, avant toute chose, marquer.

Football Total


   C'est à se demander ce qui est, finalement, le plus atypique chez lui. Sa carrière qui l'a fait voyager de Messine à Lecce en passant par Salerne, Palerme, Naples ou Avellino, ou bien son style de jeu. Reconnu pour sa vision ultra offensive et technique du football, à aucun moment le natif de Prague n'a fait une croix sur ses convictions footballistiques, allant jusqu'à monter au front quand on lui demande de s'exprimer sur Mourinho, entraîneur jugé par beaucoup défensif lorsqu'il est à la tête de l'Inter: "C'est sur, avec lui, les tifosi nerrazurri ne verront jamais du beau jeu". Produire du jeu et offrir du spectacle est pour lui la priorité, avant les titres. S'inspirant du 4-3-3 mis en place par Rinus Michels à l'époque de l'âge d'or de l'ajax et du football hollandais qu'il a sublimé bien avant Cruyff et Guardiola, son jeu s'appuie avant tout sur un trio offensif à une pointe accompagnée par deux ailiers, toujours en mouvement et redoutablement efficace. De son système de jeu, ce sont encore ses anciens joueurs qui en parlent le mieux, comme l'explique le regretté Franco Mancini, qui occupa les cages de Foggia pendant la Zemanlandia: "Zeman n'avait qu'un seul mot à la bouche : l'attaque. Les attaquant devaient jouer très haut, les défenseurs se plaçaient sur la ligne médiane et même moi qui était gardien, je devais sortir sans cesse à trente mètres de mes buts. Personne ne savait comment nous jouer". Des exemples? Lors de la saison 2004-2005, il permet à Lecce d'accrocher une honorable 11ème place tout en finissant deuxième meilleur attaque de Série B, avec une ligne offensive composée, entre autres du jeune Mirko Vucinic. En 1991, alors fraîchement promu avec Foggia, il va finir meilleur attaque du championnat, bien que terminant à la neuvième place de Série A. Et vingt ans après, Zeman continue de prôner un football total. Avec lui cette année, Pescara inscrit la bagatelle de 90 buts, quand la deuxième meilleure attaque du championnat en compte 63. Ciro Immobile, 22 ans, finit meilleur buteur de Série B avec 28 buts, loin devant les autres. Ses deux coéquipiers d'attaque, Tavano et Sansovini occupent également le top 10, finissant respectivement avec 19 et 16 réalisations. Mais cette saison, la plus belle victoire de Zeman est surtout d'avoir révéler au grand jour le jeune Marco Verratti, milieu axial de 19 ans, pré-sélectionné par Prandelli pour l'euro, bien qu'ensuite raccompagné chez lui mais néanmoins promis à un brillant avenir. Un jeu porté vers l'attaque a cependant ses limites, qui plus est au pays du catenaccio et de la contre-attaque. Zeman a, avec Pescara, encaissé l'année dernière pas mois de 55 Buts. Le Torino, deuxième, n'en a concédé que 28.

Le retour à la Roma

   Toujours en quête de nouveaux défis, sans pour autant opter pour un quelconque dépaysement, Zdeněk zeman s'est vu confié il y a quelques jours le chantier laissé par Luis Enrique à la Roma, club qu'il a déjà connu de 1997 à 1999. L'occasion pour le grand public de découvrir enfin l'un des tacticiens les plus doués que le football n'est jamais connu. Et nul doute cependant qu'il ne changera quoi que ce soit dans sa manière d'aborder les matchs. Il sera néanmoins,cette fois-ci, dans l'obligation de faire gagner à la louve un titre, sentant derrière lui le souffle de quatre années de disette. Aussi, ce dernier retour est peut-être l'occasion pour Zeman d'être, à 64 ans, enfin reconnu à sa juste valeur comme l'un des entraîneurs les plus influents de ces 30 dernières années. Car comme le chante si bien Oxmo, "L'histoire oublie les héros, pas les vainqueurs".

mercredi 25 avril 2012

Barcelone-Chelsea


  

   Héroïques défensivement, mais également efficaces dans ses contre-attaques, les blues de Chelsea sont venus à bout d'un Barça en panne d'inspiration. La fin d'un cycle pour les hommes de Pep ?

Le barça, c'est plus ça

   L'impensable s'est produit. Il y a encore un mois, personne n'aurait parié un euro sur une élimination du barça en demi, et encore moins au dépend de Chelsea, tout juste orphelin de Villas-Boas. Pourtant favori, Barcelone n'a pas réussi à renverser la tendance du match aller. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé. Ils étaient d'ailleurs peu nombreux, ce qui hier, croyaient encore en l'équipe de Di Matteo après l'expulsion de Terry. Ils l'étaient encore moins après l'ouverture du score de Busquets et le break d'Iniesta. À ce moment là du match, tout laisse à penser que Chelsea va prendre une dérouillé. Et ce n'est pas Cech, auteur d'un sauvetage en face à face contre Messi sur une talonnade astucieuse de Fabregas, qui dira le contraire. Seulement voilà, les Blues n'ont pas les capacités techniques du barça et ils le savent. Et hier, Chelsea a fait ce qu'il fallait faire et s'est reposé sur ses armes, à savoir une défense de fer et un «fighting spirit» à l'anglaise, illustré par le coup de ciseau de Lampard sur Fabregas en deuxième mi-temps. Présent au milieu avec ses quatre centraux de métier (Mikel, Ramires, Lampard et Meireles) comme à Stamford Bridge, les londoniens ont occupé l'axe, défendu bas, et se sont projetés vers l'avant quand il le fallait, comme à l'aller. On ne change pas une équipe qui gagne. L'action qui amène la réduction du score en est le parfait exemple. Lampard joue le rôle de la rampe de lancement, en envoyant sur orbite un Ramires aux allures de sprinter jamaïcain. Cette fois tout seul, Ramires vient nous rappeler qu'il est bien brésilien, et ajuste Valdès d'un lob somptueux. 2-1 à la mi-temps, même Domenech ne croit pas une seconde à la qualification des Blues. Et pourtant, la seconde période est un remake du match aller. Les barcelonais ont la possession, mais n'y arrivent pas, même avec l'aide du destin. Où l'arbitre, c'est selon. Drogba fauche Fabregas dans la surface, Messi se charge de tirer le pénalty et prend le ballon, qui ira finalement s'écraser sur la barre. L'inquiétude se lit sur les visages catalans. Les encouragements répétés de Guardiola depuis le banc et les entrées en jeu de Tello et Keita en fin de match n'y changeront rien, ni même les 73% de possession. Cech rend une copie impeccable, et Torres, entré en cours de jeu, se charge d'aller crucifier Valdès dans les arrêts de jeu, empêchant les socios de croire à un renversement de situation dans les derniers instants du match, comme en 2009. Cette fois-ci, pas de fucking disgrace. C'est Chelsea qui l'emporte à la régulière.

La fin d'un cycle ?

   Beaucoup voient en cette défaite la fin d'un cycle, comme beaucoup voyaient en 2010 une passation de pouvoir, après l'élimination du barça par l'Inter en demi-finale de la ligue des champions. La suite on la connaît, les catalans avaient tout raflé en 2011. Et n'en déplaise à certains, c'est là encore ce qu'il risque de se passer. Car n'oublions pas que l'effectif du Barça a encore des années devant lui. Les Iniesta, Busquets, Messi et Piqué n'ont pas la trentaine, et sont loin d'avoir raccroché les crampons. Et la relève semble être là, bien qu'encore un peu tendre (on pense à Cuenca, Tello, Adriano ou encore Alcantara). Sans compter le retour de Villa pour l'année prochaine. Et si certains pensent que l'euro 2012 ne va pas aider les troupes du barça à se reposer, c'est trop vite oublier la performance de l'Espagne pendant la coupe du monde 2010. Comme le mondial n'a pas empêché les espagnols du barça de récupérer de la saison 2010, l'euro n'empêchera pas Xavi, Iniesta et consorts de récupérer avant le début de saison 2012/2013. Comme en NBA, c'est l'accumulation des matchs qui poussent les sportifs de haut-niveau à se dépasser. Deux ou trois arrivées bien choisies au mercato ne devrait cependant pas faire de mal à un banc du barça qui manque de profondeur. Quant au système de jeu basé sur la possession du ballon, tout le monde connaît ses limites, et tout le monde connaît la solution. Laisser les barcelonais écarter le jeu, occuper l'axe et défendre bas plutôt que sur l'homme pour boucher les intervalles. Di Matteo n'a fait que réitérer le schéma de jeu qu'avait mis en place Mourinho avec l'Inter en 2010 (Drogba, Eto'o, même combat) et a su profiter de l'efficacité et de la réussite de sa ligne offensive en contre-attaque, les blues n'ayant que trop rarement dépassé le milieu de terrain. Ajouter à cela l'absence de sérénité derrière, conséquence d'un Valdès trop peu sûr de lui (et surestimé ?) et de la sortie de Piqué, et vous obtenez les raisons de la qualification de Chelsea. Loin de là cependant l'idée de sous-estimer la performance des blues, qui n'en reste pas moins honorable, tant les londoniens se sont montrés solide défensivement, à l'image d'un Cahill en grande forme depuis le mois de janvier, et efficace offensivement, qui plus est à dix. Seulement, toutes les équipes ne pourront pas défendre comme l'a fait Chelsea hier et l'Inter il y a deux ans. Surtout, Xavi et Messi, bien en dessous de leur niveau lors des dernières prestations, ne seront pas toujours diminués. Ces derniers matchs soulignent néanmoins l'importance des deux maîtres à jouer au sein du système de jeu du barça. Avec ou sans Guardiola, avec ou sans Bielsa, il n'y a donc aucune raison pour que Barcelone change son système de jeu. Car comme le dit l'adage bien connu, « ce qui ne tue pas rend plus fort ».

lundi 23 avril 2012

Nikica Jelavic

   Débarqué d'Ecosse le dernier jour du mercato hivernal, Jelavic se la régale avec Everton. Déjà auteur de 8 buts en 12 matchs, le croate s'avère être l'une des bonnes surprises de cette fin de saison.


De Split à Vienne, en passant par Waregem





   Jelavic, c'est le genre de mec qui à première vue n'intéresse personne. Aucune anecdote et aucun fait d'arme digne de ce nom. Pour tout vous dire, sa page wikipédia affiche même une section biographie vide. Peu connu du grand public, Nikica a déjà 26 piges quand il signe chez les Toffees fin janvier, et n'a aucune expérience du très haut-niveau. Formé à Hajduk Split au même titre que Slaven Bilic ou Alen Boksic, où il inscrit 8 buts en 5 ans, le natif de Caplijna a du mal à se faire une place au sein de l'équipe type et va alors tenter l'étranger. Après un passage raté en Belgique, c'est finalement en Autriche que le joueur va se révéler. Arrivé en 2008 au Rapid Vienne, il va y laisser sa trace en y inscrivant la bagatelle de 43 buts en 95 matchs. Ses bonnes performances au niveau européen en C3 commencent à faire parler de lui, et le croate s'engage finalement chez les Rangers début 2011. Les choses s'accélèrent: Jelavic score à 16 reprises et contribue largement au titre des Light Blues. C'est même lui qui, la même année, offre la coupe d'écosse aux Rangers en inscrivant le but décisif durant les prolongations en finale face aux catholiques du Celtic dans un old firm des plus bouillants. Une pige d'un an en Ecosse suffit pour que le joueur croate prenne une nouvelle dimension. Moyes flaire le bon coup et le recrute en échange de 5,5 millions de livres.

La confirmation

   Car le manager d'Everton l'a bien compris, Jelavic c'est le type loin d'être exceptionnel, mais aussi très loin d'être maladroit face aux buts quand il s'agit de la mettre au fond. D'abord rarement utilisé, il va très vite se montrer régulier dans ses prestations et même parfois décisif, comme par exemple contre Tottenham où il inscrira le seul but de la rencontre. Auteur d'un doublé face à Norwich, il récidive face à Manchester United, permettant à ses coéquipiers d'arracher le nul dans les derniers instants du match. Précieux pour Everton depuis son arrivée, les statistiques parlent pour lui: Après 9 matchs de Premier League, le natif d'ex-Yougoslavie affiche déjà 6 réalisations à son compteur. Encore ? Depuis que le croate est titulaire à la pointe de l'attaque, les Blues ne perdent plus et sont sur une bonne série de 5 matchs sans défaite. Et si la comparaison peut en faire marrer certains, Moyes n'hésite pas à franchir le pas, en affirmant que Jelavic "lui rapelle Davor Suker". En pleine forme actuellement, il est cependant encore bien loin du niveau et des statistiques affolantes du recordman de buts en sélection croate et meilleur buteur du mondial 98. Olic étant vieillissant, Jelavic pourrait cependant se voir confier les clés de l'attaque croate pendant l'euro 2012. Et avec Modric à la baguette, nul doute qu'il aura toutes les cartes en main pour s'affirmer cet été, et pourquoi pas, se voir offrir l'opportunité de pouvoir évoluer dans un club plus prestigieux dans les années à venir.